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Le souffle court

Le souffle court

Auteur(s) Roché (A01)
Editeur(s) COMPAS OEIL
Collection(s) L'égrégore



Ean : 9782487319813

Date de parution : 01/10/2026

Résumé : Le Souffle court s'inscrit à l'intersection de trois crises que notre époque traite séparément et qui n'en forment qu'une : la crise du vivant face à la technique, la crise du droit face à l'humain augmenté, la crise du sens face à la violence que toute innovation radicale libère avant d'être apprivoisée. Le roman convoque René Girard pour montrer que la société, confrontée à des artefacts qui déjouent ses catégories, ne peut que produire du bouc émissaire, mais que ce mécanisme fondateur échoue ici, faute d'un inclassable que la violence puisse résorber. Il convoque Jacques Ellul et Bernard Stiegler pour rappeler que la technique n'est pas un outil neutre que la volonté humaine orienterait : elle reconfigure les conditions mêmes dans lesquelles cette volonté s'exerce, rendant obsolètes les cadres moraux et juridiques hérités. Le droit, dans le roman, n'est pas absent. Il est présent, zélé, et c'est précisément son zèle qui révèle son inadéquation : conçu pour des sujets stables, il s'effondre face à des êtres qui occupent simultanément la catégorie de la personne et celle de la chose. Mais le roman ne se résout pas dans la philosophie politique. Il interroge aussi ce que les grandes traditions éthiques (éthique des vertus, déontologie, conséquentialisme, éthique du don et de la réciprocité) peuvent ou ne peuvent pas dire de ce qu'un créateur a fait, et de ce qu'il doit à ce qu'il a créé. Aucune de ces traditions ne suffit seule ; leur confrontation constitue l'armature morale invisible du récit. Ce que le roman propose, en définitive, c'est que la crise technologique est d'abord une crise spirituelle, non au sens confessionnel, mais au sens où elle exige de savoir ce que l'on transmet quand on crée, et ce à quoi l'on renonce quand on refuse de transmettre.

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