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Sur l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs
(environ 1 pages)

Sur l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs

Auteur(s) Delespierre (A01)
Editeur(s) CROQUANT



Ean : 9782365125130

Date de parution : 12/05/2026

Résumé : Les grandes écoles d’ingénieurs françaises font, depuis les années 1980, l’objet de critiques annonçant la fin d’un modèle en déclin, condamné à disparaître ou à s’adapter aux exigences de la « compétition internationale ». La privatisation des anciennes entreprises publiques et le redéploiement de leurs activités à l’échelle mondiale appelleraient la formation de « managers » d’un type nouveau, ajustés aux exigences d’un capitalisme néolibéral en plein essor. Loin de se réduire à la seule circulation des élèves d’un pays à l’autre, l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs engage ainsi une profonde redéfinition du rapport des classes dirigeantes françaises à l’État-nation et à l’univers de l’entreprise. Il s’agit d’examiner la manière dont les écoles d’ingénieurs ont modifié leur structure, leur recrutement et leurs programmes pédagogiques pour intégrer ces nouvelles injonctions à « s’adapter » à la « mondialisation ». Il met en lumière les tensions et les luttes internes à ces institutions, où de nombreux étudiants étrangers subissent des formes de rejet et de ségrégation qui cadrent mal avec les discours officiels sur la volonté de « s’ouvrir au monde » et d’ « accueillir » des élèves venus de tous les continents. L’ouvrage s’interroge enfin sur les métamorphoses de ce que Pierre Bourdieu appelait la noblesse d’État : peut-on parler d’une élite en voie d’internationalisation ? Quelles sont les transformations qui affectent les classes dirigeantes au cours des dernières décennies, marquées par le démantèlement de l’ancien capitalisme d’État ? Ce livre s’appuie sur près d’une centaine d’entretiens ainsi que sur une série d’observations ethnographiques, d’archives et de données statistiques à propos des élèves, des ancien élèves et du personnel de cinq écoles : trois parisiennes placées au sommet de la hiérarchie (Polytechnique, Centrale Paris et Télécom Paris-Tech) et deux en province en position moyenne (l’ENSTA-Bretagne et Agro Sup Dijon). Il s’adresse aux chercheurs et aux étudiants en sciences sociales s’intéressant à la sociologie des élites et des inégalités sociales, à la sociologie de l’éducation et à la sociologie des professions. Il vise également un public plus large qui s’interroge sur les grandes écoles, la reproduction des élites dirigeantes et leur devenir dans le capitalisme globalisé.

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