L’Humaniste
Auteur(s) Baltasar de Céspedes (A01), Roland Béhar (B01)
Editeur(s) ULM
Collection(s) Versions françaises
Ean :
9782728809110
Date de parution :
22/05/2026
Résumé : Les lettres humaines peuvent se réduire à deux parties principales :
l’une traite du langage, l’autre des choses.
B. de Céspedes
Peut-être y a-t-il, dans [Les Ménines] de Vélasquez, comme la représentation
de la représentation classique [...] Mais [...] un vide essentiel est indiqué :
la disparition nécessaire de ce qui la fonde.
Michel Foucault, Les Mots et les Choses, 1966, chap. 1.
Le livre
Dans L’Humaniste (1600), aussi connu sous le titre de Discours sur les lettres
humaines, il s’agit pour Céspedes d’« instituer » le parfait humaniste – tout comme
un Baldassare Castiglione avait « institué » un parfait courtisan. Ce texte permet
de réfléchir sur ce que fut l’humanisme, en Espagne et dans l’Europe tout entière,
ainsi que sur la manière dont l’histoire en a été écrite jusqu’à nos jours.
Mais il aide également à faire le deuil de la conception libératrice de l’humain
– car fondée sur la raison – qui fut celle de l’humanisme de la Renaissance : inventée
dans l’Italie des xive-xve siècles, centrée sur l’étude des lettres, elle fleurit, avec
des penseurs de l’envergure de Politien et d’Érasme, jusqu’à l’aube du xviie siècle,
quand Bacon, Galilée ou Descartes fondent la science moderne remplaçant la
rhétorique par la mathématique et l’observation de la nature. Céspedes pose un
regard déjà un peu mélancolique sur des « humanités » menacées par un processus
de spécialisation des savoirs qui les condamne à terme à ne plus être que pédanterie
de grammairiens.
Enfin, L’Humaniste livre un témoignage de premier plan sur les études
humanistes dans l’Espagne de 1600, au moment même où les lettres espagnoles
apportent à l’Europe la plus riche de ses moissons : la comedia nueva, avec Lope
de Vega, la poésie baroque, avec Góngora, le roman picaresque, avec Alemán et
Quevedo, et le roman moderne, avec Cervantès.
Inédit en français
20 illustrations noir & blanc
L’auteur
La vie de l’humaniste espagnol Baltasar de Céspedes est mal connue. Il meurt
en 1615, l’année où Cervantès publie la seconde partie de Don Quichotte. Né
à Grenade vers le milieu du xvie siècle, il fréquente en sa jeunesse le cercle de
Diego Hurtado de Mendoza, puis se forme à l’école du grand humaniste Antonio
Agustín. Dès 1583, il enseigne la rhétorique et la grammaire à l’université de
Salamanque, et il jouera un rôle important dans la vie universitaire. En 1609, il
reçoit à l’unanimité la chaire supérieure de grec, avec une augmentation de salaire
confirmée par Philippe III. Humaniste renommé, il est fréquemment consulté et
chargé de missions officielles. L’Humaniste est son texte le plus célèbre.
L’éditeur
Cette édition est le fruit d’un travail collectif, réalisé en séminaire à l’École
normale supérieure sous la conduite de Roland Béhar. Agrégé d’espagnol, celui-ci
est maître de conférences-HDR à l’ENS-PSL, spécialiste de littératures romanes
de la Renaissance, du pétrarquisme, de l’histoire de l’humanisme et des rapports
poétiques entre Italie et Espagne. Il a redécouvert récemment un texte de Cervantès
qui jette une lumière nouvelle sur les dernières années de l’écrivain. On lui doit
par ailleurs des ouvrages sur la littérature latino-américaine des xixe et xxe siècles
(J.-L. Borges, V. Ocampo, J. Lezama Lima aux éditions Rue d’Ulm) et une nouvelle
traduction des lettres de Frida Kahlo à Diego Rivera (Rivages, février 2026).
Le préfacier
Élève de Daniel Roche et de Roger Chartier, spécialiste d’histoire des sciences et
de l’Europe des savoirs de la Renaissance aux Lumières, Stéphane Van Damme
a enseigné successivement à Sciences Po, à l’université de Warwick et à l’École
normale supérieure (chaire d’histoire moderne). Depuis 2025, il dirige la Maison
française d’Oxford. Dernier livre publié : Les Voyageurs du doute. L’invention d’un
altermondialisme libertin (1620-1820) (Fayard, 2023).
Contexte éditorial
En dehors d’articles spécialisés, la bibliographie française sur l’humanisme
espagnol est relativement restreinte. Une attention particulière a été accordée
à l’érasmisme, avec L’Érasme et l’Espagne (Droz, 1937, rééd. 1998) de Marcel
Bataillon et, bien plus récemment, aux Belles Lettres en 2013, l’édition française
par T. Vigliano du De disciplinis / Savoir et enseigner de Juan Luis Vives et le Juan
Luis Vives. Vie et destin d’un humaniste européen de Carlos Noreña. Dans Le Rêve
de l’humanisme. De Pétrarque à Érasme (Les Belles Lettres, 2002), Francisco Rico,
récemment disparu, annonçait, avec l’un de ses chapitres, un projet jamais réalisé
de livre sur L’Invention de la Renaissance en Espagne.
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